Naadam, le grand festival des trois jeux virils
Chaque année, du 11 au 13 juillet, les mongols de tout le pays et ceux vivant à l’étranger célèbrent le Naadam, la fête nationale la plus emblématique. Inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO depuis 2010, cet événement rassemble tout le pays autour de compétitions sportives traditionnelles et d’une ambiance festive unique.
L’histoire de la compétition
Le nom complet du festival, Eriin Gurvan Naadam, signifie « les trois jeux virils ». À l’origine, ces épreuves étaient profondément liées au monde militaire : lutte, tir à l’arc et course de chevaux servaient à former et sélectionner les meilleurs guerriers. Mais au-delà de l’entraînement militaire, ces compétitions étaient aussi l’occasion de rassembler les différents groupes ethniques lors de moments importants comme les mariages, alliances entre tribus, cérémonies religieuses, où se mesurer permettait de renforcer les liens entre clans et de célébrer ensemble.
Depuis 1921, le Naadam coïncide avec la fête de l’indépendance et se tient chaque année à Oulan-Bator, mais aussi dans les provinces (aimags), avec des dates légèrement décalées selon les localités.
Les différents groupes ethniques
Les videos promotionnelles du Naadam 2020, en plein covid, mettent en avant les nombreux groupes ethniques qui peuplent la Mongolie: les Khalkhas, groupe ethnique dominant et les autres groupes venant des différentes régions de Mongolie : Kazakhs de l’Ouest, Bouriates, Tsaatans montrant que chaque groupe a ses propres coutumes, styles musicaux et costumes. (Renvoie à l’article sur les groupes ethniques)
(vidéo youtube musicale avec un des groupe ethnique)
Les trois (quatre) jeux virils
La lutte mongole (bökh) reste la discipline la plus populaire. Sans catégorie de poids, les lutteurs portent un costume traditionnel laissant la poitrine nue et exécutent une “danse de l’aigle” avant et après le combat. (Photo)
Le tir à l’arc se pratique avec des arcs traditionnels. C’est la seule des trois disciplines historiques ouverte aux femmes depuis les années 1940. (Image)
La course de chevaux se déroule sur la steppe, hors de la ville, sur des distances de 15 à 30 km selon l’âge des chevaux. Le cheval vainqueur est célébré comme un héros national. (Photo)
Le tir d’osselets (shagai) a été ajouté officiellement en 2003. C’est une discipline de précision très populaire, accessible à tous les âges. (Image)
La controverse liée à la course de chevaux
La course de chevaux occupe une place particulière : les jockeys sont traditionnellement des enfants, parfois âgés de seulement 5 ans, qui parcourent de longues distances avec peu d’équipement de protection. Cette pratique fait l’objet de débats depuis les années 2010 : des organisations de défense des droits de l’enfant réclament un relèvement de l’âge minimum et une meilleure régulation. Les autorités mongoles ont depuis introduit des standards de sécurité et un système d’enregistrement des jockeys.
Au-delà du sport, des paris non officiels se greffent parfois sur ces courses, ajoutant une pression économique supplémentaire.
Sources:
UNESCO (patrimoine immatériel) : Naadam, Mongolian traditional festival https://ich.unesco.org/en/RL/naadam-mongolian-traditional-festival-00395
Article sur la régulation des jockeys enfants : AOL News, Rights groups urge better treatment of Mongolia’s child jockeys — aol.com/rights-groups-urge-better-treatment-mongolia-child-jockeys-011005662–rah.html
Horseback Mongolia, Le festival du Naadam — voyage-mongolie.com/guide-mongolie/activite/festival-naadam
