La religion en Mongolie : entre ciel éternel et bouddhisme tibétain
La spiritualité mongole est le résultat d’un long mélange entre croyances ancestrales et influences venues d’ailleurs. Aujourd’hui, le bouddhisme tibétain est la religion la plus répandue (environ 52% de la population), mais le chamanisme et le tengrisme restent profondément présents dans les pratiques quotidiennes, souvent en parallèle et sans contradiction.
Le tengrisme, la spiritualité des steppes
Le tengrisme est la croyance la plus ancienne du monde mongol : elle repose sur la vénération de Tengri, le dieu du ciel, associé au “ciel bleu éternel” qui donne d’ailleurs son surnom à la Mongolie. Cette spiritualité met l’accent sur l’harmonie avec la nature, le culte des ancêtres et le chamanisme, qui fait le lien entre le monde des humains et le monde spirituel.
Gengis Khan lui-même était tengriste, mais il est resté célèbre pour sa tolérance religieuse : sous son empire, bouddhistes, musulmans et chrétiens pouvaient coexister librement. Aujourd’hui encore, on retrouve des traces du tengrisme partout, dans les ovoos (cairns rituels que l’on croise en randonnée), les drapeaux de prière, ou simplement dans le profond respect porté à la nature.
Le bouddhisme, la religion dominante
Le bouddhisme s’est implanté en Mongolie par vagues successives depuis l’Antiquité, mais c’est surtout à partir du XVIe siècle qu’il devient la religion d’État, sous l’influence du bouddhisme tibétain. À son apogée, à la fin du XIXe siècle, le pays comptait plus de 700 monastères et des dizaines de milliers de moines (lamas).
Tout a changé avec la révolution communiste : dans les années 1930-1940, la quasi-totalité des monastères ont été détruits dans une campagne visant à éliminer la religion. Depuis la chute du régime communiste en 1990, le bouddhisme connaît un véritable renouveau, et de nombreux monastères ont été restaurés ou reconstruits, le plus connu étant le monastère de Gandan à Oulan-Bator.
Aujourd’hui, la religion est loin d’être pratiqué comme dans l’image que l’on se fait : traditionnel et cérémonieux. On peut avancer qu’il s’agit d’une forme de business. Le processus est modernisé : guichets avec ordinateurs, paiement par carte, distributeurs de billet au sein du temple, etc. On paie pour les prières, ou être nommés dans des prières sans qu’on y participe soi-même. (image)
Sources
- Escape To Mongolia, Le tengrisme en Mongolie — escapetomongolia.com/fr/blog/tengrism-in-mongolia
- Horseback Mongolia, Le bouddhisme en Mongolie — voyage-mongolie.com/informations/religion/bouddhisme-mongolie
