La langue mongole : une histoire d’écritures et d’identité

Le mongol (Монгол хэл) est parlé par environ 3,5 millions de personnes en Mongolie, et par plusieurs millions d’autres en Mongolie intérieure (Chine), en Russie et en Asie centrale. C’est une langue à part : elle n’a pas de racine commune avec ses voisines (chinois, russe, coréen…). Certains linguistes l’ont rapprochée des langues turques et toungouses dans l’hypothèse dite “altaïque”, mais ce lien reste débattu et n’est plus largement accepté aujourd’hui.

Du bichig au cyrillique, et retour

Pendant près de 800 ans, les Mongols ont écrit leur langue avec le mongol bichig, une écriture verticale adaptée de l’alphabet ouïghour au début du XIIIe siècle, sous Gengis Khan. En 1941, sous influence soviétique, la Mongolie adopte l’alphabet cyrillique, qui devient l’écriture du quotidien, au point qu’aujourd’hui, la majorité des Mongols ne savent plus lire le bichig.

Cette écriture traditionnelle n’a cependant jamais disparu : il est resté l’écriture officielle en Mongolie intérieure, la région autonome du nord de la Chine où vivent plusieurs millions de Mongols.

Une langue sous pression

En 2020, le gouvernement chinois a réduit l’enseignement en mongol dans les écoles de Mongolie intérieure au profit du mandarin. Cette décision a été vécue comme une assimilation forcée, qui a provoqué des manifestations sur place et une vague de solidarité internationale (#SaveTheMongolianLanguage).

En réponse, la Mongolie a accéléré la valorisation de son écriture traditionnelle : les cours de mongol bichig sont aujourd’hui enseignés à l’école, et le pays prévoit de l’utiliser officiellement aux côtés du cyrillique dans les documents administratifs. Pour beaucoup de Mongols, réapprendre le bichig, c’est aussi une façon de préserver le patrimoine de la langue mongole.

Sources

  1. Mongolia.com.co, La langue mongole : guide complet — mongolia.com.co/fr/langue-mongole
  2. INALCO, Le “mongol bichig”, une écriture millénaire en mode survie — inalco.fr